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الأحد، 8 أبريل، 2012

Tafilalt : Sijilmassa et les ksours (2)

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Tafilalt : Sijilmassa et les ksours (2)

Les ksours, héritage de Sijilmassa
De l’agonie de Sijilmassa accompagnée par le déclin du monde musulman et de la chute des routes caravanières au profit des routes maritimes, est naît l’habitat des ksours au Tafilalt. Ksar Tabu‘samt et ksar Abù ‘Am à Rissani hériteront du commerce et de la gloire de Sijilmassa.
Le ksar est un habitat fermé ceint d’une muraille à tours, à l’image des médinas marocaines. L’accès ne se fait que par une porte et une seule. De 100m, peu ou prou, en long et en large, un ksar est habité par une dizaine de familles qui appartiennent, de règle, à la même tribu. Ce n’est pas le cas des kasbahs qui reviennent le plus souvent à une seule famille ou à un notable ou haut cadre du makhzen.

Ksar Oulad Abdelhlim 1847
Les ksours de Tafilalt, à l’instar de l’habitat du Sud et du Sud-Est Marocains, ce sont des masses architecturales en terre. C’est le Tabia, c’est-à-dire du pisé. La pierre n’est utilisée que pour les fondations et peu au-dessus du sol pour question de protection contre les eaux pluviales et les inondations. Rien n’est fortuit dans ce «micro urbanisme». L’occupation de l’espace aussi bien public que privé est ingénieuse. L’organisation de l’espace interne des demeures invite à sortir les armes de l’architecture, de l’archéologie, de la sociologie-ethonologie, de l’histoire, de la sémiologie, de la linguistique et autres sciences pour la comprendre.
Deux types de ksours redorent le blason de l’oasis de Tafilalt. Les ksours communs ou populaires et les ksours makhzaniens ou sultaniens. Cependant, certains ksours dits populaires ont été fondés par le Sultan ‘alaouite Moulay Isma‘il (1672-1727), celui qui a eu une grande «amitié orageuse» avec Louis XIV. Sa progéniture se comptait par centaines, c’est ce qui explique ce fait certainement. My Isma‘il et ses fils et son petit-fils le Sultan Sidi Mohamed ben ‘Abdallah (1757-1790) avaient construit des ksours populaires tels que Labterni, Oulad Youssef, Mezguida, My ‘Abdallah Addaqaq, Chqarna, Mansouria, Grinfoud, kasabh Lahdeb, Azzayani, My Al Mousta‘ine, ksar ‘Amara, Oulad ‘Aïcha, Oulad Rehhou et autres ksours et kasbahs.

Ksar Manouga (les Tanneries)
Les ksours sultaniens sont l’oeuvre des Sultans ‘alaouites, dynastie régnante aujourd’hui et ce depuis l’an 1631. Les chorfas (chérifs) ‘alaouites, descendants du prophète Mohamed, sont venus au Maroc, au Tafilalt, au cours du XIII s. Moulay Al Hassan Addakhil (l’arrivant) de Yanbù‘ en Arabie est venu sur invitation des Filali et a vécu ainsi que ses descendants en tant qu’Imam, un chérif à la baraka que les habitants estimaient nécessaire pour maintenir leur récolte de dattier. Moulay ‘Ali Cherif, second petit-fils de My Al Hassan, avait refusé l’émirat à plusieurs reprises, préférant les études religieuses, la guerre sainte et le commerce au pouvoir politique. Il fut rappelé par l’Andalousie pour y gouverner, mais il a décliné l’offre. C’est le grand saint de Rissani et du Maroc d’aujourd’hui, il est le plus vénéré des chorfas ‘alaouites.
L’anarchie des débuts du XVII ème s. mènera Moulay Cherif à l’idée de réunifier le pays et c’est au Tafilalt qu’il sera proclamé (1631-1640), donnant ainsi naissance, avec toutes les difficultés du commencement, au pouvoir de la Dynastie ‘Alaouite au Maroc dont S. M. Mohamed VI est le 23 ème Roi.
1 ère partie                                      3 ème partie
Par : Aboulkacem CHEBRI, archéologue, RISSANI
E-mail : marocarcheo@yahoo.fr

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